Présidentielle : nouvelle dynamique ?

Depuis la fin du mois de janvier, Nicolas Sarkozy grignote des points dans les sondages d’intentions de vote pour la présidentielle et réduit l’écart avec François Hollande. Peut-on parler d’un changement de dynamique ? Le candidat socialiste est en tout cas contraint de passer à l’offensive.

Dans le dernier consensus des sondages réalisé par NewsPresso, l’écart entre les deux hommes est de 4,5 points en défaveur du chef de l’Etat sortant. Il était de 5 points la semaine précédente, de 5,9 points mi-février et de 6,1 points début février.

La cote d’alerte est atteinte pour François Hollande car on se rapproche de la marge d’erreur statistique, ce qui signifie que les deux candidats sont au coude à coude.

Comment expliquer cette évolution ? Il était évident depuis plusieurs mois que le candidat socialiste ne pouvait pas demeurer au-dessus de 30% - niveau qu’un seul socialiste, François Mitterrand, a dépassé au cours des 30 dernières années. Il était tout aussi évident qu’une fois entré en campagne Nicolas Sarkozy parviendrait à rassembler son camp. Il a réussi à dissuader plusieurs figures de son camp – Jean-Louis Borloo, Christine Boutin, Hervé Morin, Frédéric Nihous – à se présenter.

En tenant un discours très à droite, sur les valeurs notamment, il est parvenu à consolider son socle électoral de base, qui se situe autour de 25%. Sa prochaine étape est clairement de franchir la barre des 30% afin de pouvoir bénéficier d’une dynamique alors qu’il n’a pas de réserve de voix. 

S’il est en tête au soir du premier tour, Nicolas Sarkozy pense qu’il bénéficiera d’un avantage psychologique lui permettant de bénéficier de la prime au sortant.

Certains stratèges socialistes sont dubitatifs et soulignent que l’écart au second tour reste conséquent. Ce qui montre, pour eux, que le scrutin se résume à un référendum pour ou contre Sarkozy.

Mais bâtir une campagne sur le seul rejet de l’autre peut-il suffire ? On constate que l’écart au second tour est de 13 points alors qu’il était de plus de 15 points au début du mois de février. Et il va encore se réduire. L’idéal pour François Hollande serait que le resserrement intervienne seulement dans les deux dernières semaines avant le premier tour afin d’arriver sur un score final de 51/53% contre 47/49%.

Tout l’enjeu pour Nicolas Sarkozy est de bousculer ce scenario. Rejeté par une partie importante des Français pour son comportement « bling bling » et ses promesses non tenues (pouvoir d’achat, sécurité, etc.), il veut faire oublier son bilan et imposer que le débat tourne autour de ses propositions, même les plus farfelues comme les référendums sur les chômeurs et sur l’immigration.

Formé à l’école de Jacques Chirac et de Charles Pasqua, Nicolas Sarkozy est un redoutable candidat en ce ses qu’il ne recule devant rien et qu’il n’a que faire des scrupules. Pour lui, l’essentiel est de gagner.

François Hollande semble avoir sous-estimé cet aspect de son principal adversaire et il a donné l’impression ces dernières semaines d’être uniquement sur un mode réactif. 

Cette attitude explique sans aucun doute son tassement dans les sondages. L’élection se jouant davantage sur les caractères que sur les programmes, il convient de montrer que l’on est un leader et pas un suiveur.

Nicolas Sarkozy l’a bien compris et, s’il est trop tôt pour conclure à un changement de dynamique, force est de constater que le jeu est beaucoup plus ouvert que le pense le petit monde politico-médiatique.